Francés

January 25, 2017

Epitaphe pour Borislav Horvat

 

Il s’en est aller au diable, c’est certain,

Ce vieillard maudit, emplit de fiel,

Peut-être le corps était-il sain,

Mais malsain sont des vieux les hotels.

 

Encore lycéen, il m’en souvient,

Son regard était dément, plein de bile,

Il me criait après, j’étais un chien,

Un gamin stupide et versatile.

 

Saisi d’ivresse à l’idée de la mort,

Il en parlait avec langueur et sans haine,

Comme s’il avait manquer le port,

Comme d’une perte de jeunesse, soudaine.

 

 

Réalité, variation première

 

Tu t’éveil auprès du corps que tu aimes.

Les chaussettes, le slip, la brosse à dent, la porte.

Tu regarde le corps que tu aimes.

Et cet amour est réel et il importe.

 

Alors que tu parts, tu ressens une douleur.

Pluie, bruissement d’étoffe, avant que tu ne sortes.

Alors que sans espoir tu  parts et ressens une douleur,

Cette douleur aussi est réelle, elle importe.

 

Tu t’en vas vers le monde, cette vie, ce réel,

L’ordre, ton Moi, les rues, le jour qui réconforte.

Tu t’en vas vers un monde où rien n’est réel,

Auquel tu n’apporteras rien qui importe.

 

 

Réalité, variation deuxième

 

Il aime ce sourire,  ces yeux, puis ce visage,

Et cet amour est réel.  D’un mot doux il brûle,

D’un baiser au front d’en recevoir l’hommage.

Mais cet amour est – un manège ridicule.

 

La réalité des regards, de la danse

Où se pourrait-elle en ce monde trouver,

Est-ce dans l’irréel des lèvres, de la panse,

Dans l’indifférence des blâmes, des baisers?

 

Quelle sagesse pourrait, quel poème, quelle mime

La place prendre d’une telle réalité,

D’un tel sentiment, puisqu’encore il les grime

Et essuie du nez des larmes inventées.

 

 

 

Réalité, variation troisième

 

On traversait un Belgrade qui n’existait pas,

A Autokomanda, des autocars inexistants faisaient halte,

A Kalenić, on vendait l’ombre des objets pour de l’argent que personne ne possédait,

On traversait des rues par lesquelles nulle part on ne pouvait aller

Ni revenir,

On marchait ainsi, ensemble, bien que seuls,

Car je n’étais pas et tu n’étais pas non plus,

Et c’est alors qu’on est passé à côté de nous,

Enlacés, réels, tels que nous ne sommes pas.

 

 

Elle dit: „Tu ne me connais pas“

 

La connaissance peut-elle en amour me donner un avantage, la connaissance

Est-elle son supérieur degré par rapport à la simple attirance?

Est-ce qu’un incomparable charme l’être aimé recèle

Qui à celui qui seul la connaissance, par-delà la beauté cherche, se révèle?

Mais la beauté sait-elle, alors que de soi la connaissance elle me refuse,

Quel serait son aspect aux yeux de l’amour, de la muse?

A-t-elle des pieds, des mains, un sourire et des cils,

De quoi sont faites ses lèvres, sur quoi repose son profil ?

La beauté sait-elle ce que l’amour découvre, si blême,

Où la beauté n’est-elle beauté qu’affranchie de la connaissance,

Tel un miroir limpide,

Quand à travers elle, sans peine, l’amour s’approche de soi-même.

 

 

Balade de la solitude

 

Les policiers m’ont cherché longtemps,

Ils on téléphoné à mes amis, sont allé d’appartement en appartement,

Pour au bout du compte me trouver sous un portique

Et m’apprendre qu’après le fracas et des freins le crissement

Ils t’ont ramené dans un sac en plastique.

 

Je donnais une fête,

Les amis venaient, prenaient place autour de l’âtre.

Ils étaient accompagnés de leurs femmes belles et quiètes.

Ils souffraient que du regard leurs rondeurs j’idolâtre.

On a veillé tard, en débattant, autour d’un verre.

C’est alors que le téléphone a sonné.  Ils m’appelaient pour m’apprendre

Que dans la boue, les roseaux, on t’avait découvert

Là où la Save méandre.

 

Dans ma tour d’ivoire on célébrait ma réussite,

On me flagornait, louangeait mon prestige social.

J’y répondais par un sourire, à seule fin de ne pas anéantir ce leurre.

C’est alors qu’on allumait les informations

Pour entendre :

Un cinglé t’avait mutilé dans le parc.

 

J’achetais des boissons chères,

En étaient meilleurs les divertissements,

De plus en plus m’enchantaient

Des convives inconnus, venus à l’improviste.

Le facteur vint aussi m’apportant ta lettre

De deux lignes : tu étais simplement

Morte de vieillesse.

 

Seul à présent, assis à la table, je feuillette de vieux livres

Puis éteins la lumière et pense en silence.

Alors que les accès de la toux se font plus douloureux, plus violents

Et que le jour touche à sa fin, la nuit je reste sans défense –

Je n’ai aucune nouvelle de toi depuis longtemps.

 

 

Les os d’Osiris

 

Chaussettes et serviettes éparpillés,

Pantalons et maillots, froissés et tachés,

Une seule fois usés et jetés sur le sol.

Nulle par son corps. Nul lambeau de chair.

 

Je ramasse et je lave, je les assemble par pairs,

Je lui repasse le manche (là sera sa main)

Je redresse l’oreiller (là sera sa tête)

 

 

Le prunier bleu

 

À l’intersection, au marché de Zeleni Venac,

À l’ombre, derrière le kiosque à journaux,

Pousse un petit prunier sauvage.

De jour, personne parmi les passants

Ne remarque sa présence,

Mais lorsque tombe le soir et que les rues se dépeuplent,

Il devient clair qu’il est de mèche avec les feux de signalisations

Qui régulent une circulation invisible.

 
traduit par Boris Lazić

 

Español

January 25, 2017
Español

LOS HUESOS DE OSIRIS

                    Desparramados los calcetines, las toallas,

                    Una vez usados y tirados por el suelo

                    Los pantalones y las camisetas, arrugadas y manchadas.

                    Su cuerpo no está en ninguna parte. Ni un solo pedazo de carne.

 

                    Recojo y lavo, recompongo cada par.

                    Le plancho la manga (ahí estará su brazo).

                    Arreglo la almohada (ahí estará su cabeza).        

 

 

                              DIRECCIÓN

 

                    ¿Qué es lo que queda después de los hogares en orden,

                    Con horarios establecidos para toda la semana,

                    El ritmo monótono de los éxitos y del descanso,

                    Después de las cuentas pagadas puntualmente,

                    De un nombre sin tacha y múlitples impresiones buenas?

                    Solo una vida mal cuidada, encaminada por el mal sentido,

                    En otra dirección, no hacia la muerte.

 

 

                              DESFACE

                     

                    Siempre he llevado zapatos de mi tamaño.

                    No importa que no sean de marca famosa.

                    Siempre camisas de manga corta y de paño,

                    Siempre calcetines de la más desliñada prosa.

 

                    Cual cajones abiertos para una criatura curiosa y rara,

                    Así fueron los carteles de las tiendas para mi cabeza.

                    Siempre hubo ramas y espinas a la altura de mi cara,

                    Cada copa de árbol ya era demasiado baja y espesa.

                   

                    Un día estaré muerto y bien quieto yaceré en el cajón,

                    Tallado conforme a las medidas de la media general,

                    Con la columna y los miembros torcidos de un pisotón,

                    Doblada la cabeza para siempre, más allá del funeral.

 

                     BALADA DE LA SOLEDAD

 

                    Los policías me estuvieron buscando mucho rato,          

                        Llamaron a mis amigos, fueron de casa en casa.

                    Por fin me encontraron, como cualquier otro dato,

                    Para comunicarme lo que, de hecho, siempre pasa:

                    Los frenos fallaron, te mataste de tán guasa.

                    Te pusieron en la bolsa de plástico de cada asesinato.

 

                    En mi casa tuvo lugar la fiesta junto a la chimenea,

                    Vinieron los mentados amigos, trajeron a sus mujeres.

                    Si bien observé cómo cada una de ellas menea,

                    Quedámonos juntos, como en otros madrugares,

                    Juntos, en torno al debate y al aguardiante que chispea.

                    Hasta que sonó el teléfono. Para decirme ya nada más esperes.

 

                    Encontráronte a orillas del río, donde el agua ondea,

                    Ahí, en una orilla del Sava, no te desesperes.

 

                    En mi casa celebrábamos mi éxito en la torre de cristal.

                    Todo el mundo me alabó. Fue fenomenal.

                    A todos les di las gracias, incluso yo fui excepcional.

                    Entonces pusimos las noticias y ahí vi otro fin mortal.

 

                    Un maníaco te mató en otro parque primaveral.

 

                    Compré vinos selectos.

                    La fiesta seguía alegremente.

                    Los invitados y los que no fueron electos,

                    Comenzaron a apreciarme eternamete.

                    Entonces llegó el cartero,

                    Que me entregó el mensaje

                    De que ya habías muerto:

                    Simplemente falleciste,

                    en dos líneas y media,

                    casi como en un chiste.

 

                    Ahora estoy sentado y leyendo viejos libros

                    que me suenan a huerto.

                    Entonces apago la luz desde mi faro, mi puerto,

                    y ojalá me encuentre como muchos otros calibros

                    de amistad, en pleno silencio.

                    En tanto que los ataques de tos pasan a ser

                    cada vez más frecuentes,

                    cada vez otro suplicio

                    del estar o ver.

                    La noche se está acabando.

                    Hace rato que ni como presagaio

                    ya tus noticias me siguen llegando.

 
traducido Silvia Monros Stojaković

 


 

Deutsch

February 11, 2011

Gedichte von Nikola Živanović

übersetzt von Elena Messner

 

 

 

Alle Slogans unseres Vaterlandes

 

Als Siebenjähriger prügelte ich mich

Mit einem älteren Jungen aus der Nachbarschaft.

Er hatte ein breites Kiefer und einen höhnischen Blick.

Ich stürzte mich auf ihn mit Fäusten und Nägeln.

Er warf mich zu Boden und schlug auf mich ein,

Wir rauften, rissen, bissen

Bis uns ein Passant trennte.

Ich ging nach Hause, beschämt, schmutzig,

Den Mund voll Gras,

Und das Hemd mit unleserlichen Streifen bekritzelt;

Als wären auf ihm alle

Anzeigen, Werbungen, Mitteilungen

Und alle Slogans unseres Vaterlandes ausgeschrieben.

 

 

 

Das Festival des Biers in der Straße des Marschall Birjusow

 

Als ich in der Straße des Marschall Birjusow wohnte,

Hatte ich den Eindruck, dass sich das Zentrum Belgrads

Exakt in meinem Schalfzimmer befinde.

Ich lebte ruhig und eintönig:

Tagelang gehe ich nirgendwohin,

Der Zauber der Hauptstadt, Theater und literarische Events

Interessieren mich nicht,

Ich liege nur rum, lese und trinke Bier.

Wenn ich aus dem Bett aufstehe

Und zu Küche und Klo schreite,

Scheint es mir, als gehe ich in die Provinz.

 

 

 

Abgerissene Hosen

 

Ich hasse es, wenn du nach dem Sex

Verschüchtert ins Bad gehst,

Die Nacktheit versteckend.

Ich liebe es, wenn du stolz weggehst,

Wie ein Arbeiter in abgerissenen Hosen.

 

 

 

Visier

 

Wenn der Gewehrkolben sich auf die Schulter lehnt

Und die Schußposition eingenommen wird,

Wenn der Vogel auf dem nächstbesten Zweig zur Ruhe kommt,

Gibt es immer ein Gelenk zu viel,

Einen Knochen, der hervorspringt, und eine Niere,

Die in zehn Jahren aufgeben wird.

 

 

 

Intimität

 

Das allzu gut bekannte Geräusch deiner Schritte

Wenn du die Treppen hochkommst.

Der Schlüssel, der in deinen Händen rasselt

-Du trittst ein, mein Herz klopft schneller.

Das Rauschen der WC-Spülung und des Wasserhahns.

Du benutzt die gleichen Toilettenartikel,

die ich kurz zuvor benutzte.

Du verbingst dort viel Zeit.

Abschminken, Duschen,

Eincremen und wer weiß was.

Männer haben keine Ahnung

Auf wieviele Weisen sich

ein junger weiblicher Körper gebrauchen läßt.

Danach schaust du lange in den Spiegel,

Vergleichst dein Bild mit jenem,

Mit dem ich morgens meines verglich.

Du lässt noch einmal das Wasser runter. Gehst raus.

Machst das Licht aus; Und, nach einiger Zeit,

Hört man aus deinem Zimmer ein leises Schnarchen

Endlich kann ich einschlafen.

 

 

 

Sonne

 

Die Weizenfelder sind schuld

An unseren religiösen Irrtümern.

Allen Erzählungen vom zukünftigem Paradies,

Von der Unsterblichkeit der Seele, geht der Glaube voran,

Dass das jenseitige Leben nur der Beginn

Eines neuen diesseitigen ist,

Auf sanftem Wind und Sonne.

 

 

 

Benns Etüden

 

Später sah er Menschen

Auch außerhalb der Leichenhalle,
So wie er sie kurz zuvor zusammengefügt hatte.
Die Knochen auf denselben Orten,

Die gleichen Gewebe der Muskeln.

 

Es gab keine Geheimnisse der Geburt,

der Kindheit, oder des Aufwachsens.
Die Menschen kamen vom Seziertisch

vollkommen herab.

 

Am Ende des Tages schien es ihm,

Dass Gott zuviele Skizzen hinterließ,

Zuviele Entwürfe der Schöpfung

Restbestände, Fragmente, Notizen,
diese verräterischen Einblicke.

 

Er konnte nicht über Musik reden,

konnte die Notturnos nicht begründen.
Die Klaviatur diente ihm

Als Unterlage zum Sezieren

Der Hände Chopins,

seiner dünnen Finger.

Wenn er begann, lagen sie
auf e, fis, gis, h, c.

 

Er suchte neue Perspektiven

Noch unerforschte anatomische Lösungen

Unvorhergesehen am sechsten Tag der Schöpfung.

(Deswegen reiste Chopin nach England

mit drei Flügeln:
Pleyel, Erard, Broadwood);

 

Und Chopin kommt aus der Leichenhalle

verdunkelt von Müdigkeit und Todesnähe.
Leise, kaum sichtbar, fast ein Schatten,

Nicht sehr ergiebig im Gespräch, Schwacher Liebhaber;
Aus einem anderen Grund bestehend

aus artistischer Überzeugung
mit Benns
kleinen Hand.

 

 

 

English

July 16, 2009

End of Day

 

Every night death enters the houses of those who sleep.

Through the corridor, the kitchen, the livingroom, with silent steps,

Between the desk and the sofa, he'll walk and peep,

Touching the open novel, the complete collection of stamps.

 

He'll smooth the tablecloth, tighten a pipe leaking gas,

And free the extra notch from a belt that's too tight.

He'll line up pieces on the chessboard, and his hand will pass

Under the armchair—where he finds the missing knight.

 

Cirrhosis

 

A wasted life, cirrhosis, death drawing near,

An invalid at twenty-seven, all cash spent.

My sense of humour's dead, my brain's gone sere,

Nothing written for ages, and I've less and less talent.

 

Now, when I return to poems I'm like a shadow

Doing forced labor, with no excitement in my mind;

Trying to complete what was begun a long time ago

So I can end my life and leave all hope behind.

 

I'm clumsy as a novice, and what's more

I keep looking for the right word all night long,

Hoping for an image, music, a metaphor.

Crutches, please help me while I draft my song.


Translated by Dennis Vulovic and  A. Corn




To Leave

 

To leave like it’s for ever, the human kind, the credit,

To cover up to the chest under the white sheet sand bedit.

 

To stare at the ceiling for days, of thought sand will not a thread,

To eat the soup from a cup, from the saucer – bread.

 

All guests thrown out, all books disposed of in a box,

Keep in touch with the world by having chicken pox.

 

Nothing but flu, jaundice and tuberculosis.

Rheumatism, fatigue, inflamedbrain’sallth at poses

 

As a testimony to the season that looms.

To put down all the blind sand not to air the rooms.

 

Of all people out there to only see the doc –

With no calendar and without a clock.

 

 

Trash

 

 

Removed from the pollution of woods and of plains and of waters so far:

From cans and plastic carrier bags and the broken bottles of wine,

We are inhabiting the housing tenement blocks that sterilise dare,

But around here only life is grime.

 

The spit, the shit and the leftover food. Nature indeed finds it so hard

To put down its foot, to hide its track. Trash piles to every one exposed.

To decay in laboratory conditions, just like before the God,

Lifeless, senseless, into nothing decomposed.

 

Beer Festival in Marshal Biryuzov Street

 

Living in Marshal Biryuzov Street

I had animpression that centar of Belgrade

Was exactly in my bedroom.

I lived quietly and dully:

Wouldn’t go out for days on end,

Not interested in charms of the capital,

Theatre plays or literary events.

Just lying, reading and drinking beer.

When I get up out of the bed

And steptowards the kitchen or toilet,

It seems like I move towards the suburbia.

 

Ragged Trousers

 

 

I hateit when after making love

You go to the bathroom timidly,

Hiding your nudity.

I love it when you go proudly

Like a labourer in ragged trousers

 

All slogans of ourfatherland

 

 

As a seven year old I had a fight

With an older bloke from the neighborhood.

He had a very strong jaw and a sneering glance.

Rushed towards him with my fists and my nails.

Struck me down and started to hit.

We wrestled, pulled our hair, bit each other

Until a passer-by broke us up.

I went home, ashamed, mucky,

My mouth was full of grass,

And my t-shirt streaked with illegible stripes;

As if on it were written

Classifieds, advertisements, notices

And all slogans of our fatherland.

 

Girls on Bicycles

 

 

If he could see them, Pythagoras would be delighted,

Young and strong, they co-ordinate their body movements

With the symmetrical circles of tires and pedals,

They compare geometries and claim precision

Of youth, birth giving and natural disasters.

 

Blue Plum

 

 

By the crossroad near Zeleni Venac,

In the shadow, behind the kiosk

A small wild plum grew.

During the day its presence

Is unnoticed by the passers-by,

But when night fall sand streets get deserted,

Clearly it is in cahoots with the traffic light

That directs an invisible traffic.

 

Intimacy

 

 

A well known sound of your footsteps

While you walk up the stairs.

Keys that jingle in your hands –

You enter, my heart beat speed.

The ripple of flush tank and tap.

You use the same toiletries

As I have a little while ago.

You spend too much time in there.

Removing make-up, taking a shower,

Applying cream and what-not.

Men don’t have a notion

Of the many ways in which

A young female body could be used.

Then you look into the mirror long,

Comparing your face to the one

I compared mine in the morning.

You flush the water once more. You exit.

You switch off the light; and, after some time

A quiet snoring noise comes from your room.

I can fall a sleep at last.

 

 

Dice have been rolled

 

 

Our small destinies,

Uncertain, every day decisions.

Over the cities of south Europe

The night falls and millions of people

Await their tomorrow’s fate;

But chance is being missed

Within the big numbers’ law,

And new day only brings a coffee and a sandwich,

A first cigarette and a morning paper,

With ever the same number of pages

Reserved for the crime column.

 

 

Sun

 

 

Fields of wheat are to blame

For our religious delusions.

All tales of kingdom come,

Of immortal spirit are underlined by belief

That afterlife is only the beginning

Of yet another in this world,

In the breeze, in the sun.

 

Citizen of the world

 

 

I don’t feel like going to Paris.

I dread the thought

Of having to drop by the Louvre,

Look at the paintings, revise

The history of art, have an opinion,

Be ready to answer the question

What was it like in France.

Don’t care about the opera or literary events;

If I loved art, I loved it

As something I could find in my room,

Dig it out of the shelf,

I loved it because I didn’t like to go out.

I’m trying to avoid the Notre Dame

And climbing up the Eiffel Tower.

Don’t need to be reminiscing the past.

My thoughts are even inept before daily problems.

Even if I go to Paris,

I’d like to find a quiet hotel room,

Far away from Champs-Élysées and art and the hubbub,

To lie down and close my eyes.

I’d comeback from a trip,

Knowing that I’m a citizen of the world

And that for a moment

I felt in Paris like at home.

 

Anathema

 

 

Well if there is no new life,

Let me not descend into the kingdom of shadows as a man;

Let me join the dead as a cat or as a rat;

So if some acquaintance meets me and shouts:

“What are you doing here, how was your life?”

I will meow, I will squeak.


Translated by Dennis Vulovic










 

Na poljskom

July 16, 2009

Epitafium

Gdy zamkniemy swe oczy
I ścichnie w nas duszy płaczka
To światłem będzie tułaczka
Po życia nocy

Gdy twarze rozpali wam śmiech
A usta zadźwięczą kolędą
To ból i choroba będą
Jak podły grzech

17 listopada 1996
Przekład
Stefan Pastuszewski

 

Na slovenačkom

July 16, 2009

KOCKICE SO SE RAZSULE

 

Naše male usode,

nedoločene, vsakodnevne odločitve.

Na mesta na jugu Evrope

Pada večer in milijoni ljudi

Čakajo svojo jutrišnjo usodo;

Toda naključnost se izgublja

V zakonu velikih števil,

In novi dan prinaša le kavo in sendvič,

Prvo cigareto in jutranji časopis,

Z vedno istim številom strani

Prihranjenih za črno kroniko.

 

AVTOPOETIKE

 

Od vseh zapisov ki sem jih naredil

Hranim samo kopije svojih pisem,

Filozofski sistem v nastajanju.

Bilo je lažje tako – pisati za nekoga,

Konkretnega, živega, vidnega

V tonu v katerem ga naslavljam.

Moje poetike so nastajale sprotno,

Za enega sogovornika, prikladne za eno pesem.

Hrabril sem se da je to pravilno

Da se izogibam dogmatizmu,

A sem v duši vedel

Da spadam med male in neodločne filozofe,

Sposobne da govore resnice

Prepričljive samo za enega človeka.

 

VSI SLOGANI NAŠE OČETNJAVE

 

Kot sedemletnik sem se stepel

S starejšim dečkom iz sosedstva.

Imel je močno čeljust in posmehljiv pogled.

Naskočil sam ga s pestmi in nohti.

Podrl me je na tla in začel udarjati,

Ruvala sva se, lasala, grizla

Dokler naju ni razdvojil mimoidoči.

Odšel sem domov, osramočen, umazan,

Z usti polnimi trave

In majico popisano z nečitljivimi progami;

Kot bi bili na njej izpisani

Oglasi, reklame, obvestila

In vsi slogani naše očetnjave.

VODA SE RAZLIVA PO KAMNITEM TLAKU

 

Korak za korakom,

Kot da  se spušča po stopnicah,

Se voda razliva po kamnitem tlaku.

Gazim po plitvih, zastalih tolmunih,

Dvigujem nogavice in puščam

Da se namočijo prsti v čevljih.

Zaspalo življenje se budi,

Moja fantovska navezanost na vodo.

Takšni popoldnevi sijejo s posebnim sijajem,

Še posebej v starejših delih mesta

Kjer je še kamniti tlak in kjer je voda mitska,

Še vedno eden od elementov.

 

DEKLETA NA BICIKLIH

 

Pitagora bi bil presrečen, če bi jih videl

Mlade in krepke, usklajujejo gibe telesa

S pravilnimi krožnicami koles in pedal,

Vzporejajo geometrije in dokazujejo preciznost

Mladosti, plodnosti in naravnih stihij.

 

AVGUST

 

1

Letni časi

Se ne menjajo v parkih,

temveč v tišini spalnic.

 

Prej kot kostanj izgubi listje

Ali prej kot se pooblačijo jutra,

Je jesen tu, v sobi, v nas,

In menjamo pregrinjala.

 

2

Kakšen list porumeni, se odtrga in pade,

In me gleda v obraz

- jesen mi pošilja razglednico.

 

Kmalu pride zima:

Nekdo bo moral odkopati ves ta lanski sneg

 

In ga vrniti na griče in gole veje.

 

3

Avgust ni več mesec vročih dni,

čas sončevih peg in pripeke,

In zdi se mi, ko bi z dlanjo šel preko vej,

Bi na njih, kot prah, ostalo malo snega.

 

Veter gre skozi obleko in se dotika kože,

In včasih dežuje dneve.

Takrat ni treba spati ker se nemara

Postaraš v snu,

Iznenada.

 

DREVJE

 

Drevesne letnice so vzmeti zbite

Do same meje vzdržljivosti.

Zato se stebla čvrsto držijo za zemljo,

S tipalkami, priseski, zobmi.

 

 

JABOLKA NA PLADNJU

 

Posebno zvečer,

Nikoli na dnevni svetlobi,

Imajo jabolka čuden sijaj,

Iskro z daljnih poti.

V oblačnih dneh,

Ponujajo uteho,

Študentskim sobam dajejo

Resnost družinskega doma.

Sorta za sorto, barva za barvo,

Menjajo se v vogalu delovne mize.

Dolgo stojijo na pladnju, dišeče,

Zrele, a ne še za pojesti.

Najlepše so tiste na koncu,

Po vseh štirih letnih časih.

 

MODRA SLIVA

 

Poleg križišča pri Zelenem vencu,

V senci, izza trafike

Zrasla je majhna divja sliva.

Njeno prisotnost tokom dneva

Ne zazna noben mimoidoči,

Toda ko pade noč in ulice opustijo,

Je jasno da je v dosluhu* semaforja

Ki ureja nevidni promet.

 

                         Prevod

                         David Susel

                                           

* doslúh -a m (ȗ) knjiž. oddaljenost, v kateri se da kaj (razločno) slišati: priti iz dosluha, v dosluh; žival je na, v dosluhu

 

Na makedonskom

July 16, 2009

Верност

 

Верност тоа не е верност, кога те гледам

И кога често се воодусевувам

На твојот нов фустан на новооткриенитот раб

Всусност на твоето тело бара,

Непознато место на него да направам

Усте едно неверство.

 

Не е тоа ниту зелба ниту страст

Кога без никаква болка ни схум

Сосем слободно го препусхтам моето тело

Да се соедини, сплете со твоето

Така само барам нацхин

За еден краток миг

Да го снимам закацхениот поим од мислите и умот

Насхиот брак и насета лјубов

Ирвиот бакнез и дете.

 

Препев Кате Јовановска



 

Na turskom

July 16, 2009

Doğrultu

İyi oturan evlerden sonra,
oturmuş hafta tarıfeleri
başarı ve mola sıkıcı dizemleri,
tam gören hesapları,
şerefli isim ve sayısız iyi izlenimlerden sonra
ne kalır?
Yalnız kötü bakan ve yönelten yaşam
diğer bir yöna doğru, ölüme değil.


Fırtına

Tam evden çıkmak istediğim zaman
sağanak başladı.
Öğleyi, okuyarak, eski eşyaları arayarak
ne kadar küçük ve önemsiz hayatım olduğunu düşünerek
evde geçirmem lazımdı.


Güneş

Tahıl tarlasının sucu var
din aldanışlarımız için
gelecek cennet ve ölümsuzlüğe hakkında
bütün hikayelerin altında din kalıyor
ki ahret yalnız başka bir dünyevinin başlangıcıdır,
esenti ve güneşin üstüne.

prevod na turski- Ana Stjelja

 

Na portugalskom

July 16, 2009

Direção

Que fica depois de casas muito bem arrumadas,
horários de semana bem establecidos
pesado ritmo do sucesso e descanso,
depois de contas pagadas,
nome honorável e infinidade de impressãos?
Só vida, mau cuidada, mau dirigida,
para alguma outra direção mas não para morte.


Tempestade

Quando queria sair de casa
um aguaceiro caiu do céu
tive que passar meio-dia em casa
lendo e buscando entre coisas velhas,
fotografias e manuscritos,
pensando como, acossado em um rincao,
pequeno e de pouca importância meu vida é.


Sol

Campos de trigo têm culpa
por nossos desvios religiosos
abaixo de todas as histórias de paraíso seguinte
de imortalidade de alma, há fé
que vida depois morte só é o princípio
de uma outra, terrena,
em brisa e sol.

prevod na portugalski- Ana Stjelja

 

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